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11/04/2008

Vie chère (Afrique) versus Pouvoir d'achat (Occident)

83919f7eaeb842770e03896537dc2f0e.jpg A quelles régions (et pays) du monde l'actualité francophone en ligne fait-elle référence lorsqu'elleeabd246cfbbf8fb06dde281aab5e293e.jpg parle de "vie chère" ("sous le contrôle de Ségolène Royal") ou de "pouvoir d'achat" ("sous le contrôle de Nicolas Sarkozy") ? Quelles références thématiques met-elle en scène lorsqu'elle évoque la question de la "vie chère" ou celle du "pouvoir d'achat" ?

Pour vous en donner des éléments de réponse, j'ai constitué deux corpus de textes émanant du moteur de recherche d'actualités francophones Wikio : L'un, le corpus dénommé "vie chère" regroupe les résultats fournis par Wikio en réponse à la requête "vie chère". L'autre, le corpus dénommé "pouvoir d'achat", regroupe les résultats renvoyés par le même moteur de recherche en réponse à la requête "pouvoir d'achat". Les prélèvements des deux corpus ont été effectués le même jour, le 10/04/2008, avec un léger décallage (environ 25 minutes). Les deux corpus recueillis ont été soumis à une analyse sémantique fine qui a permis de dégager deux types d’indicateurs : des indicateurs relatifs aux références régionales et des indicateurs relatifs à certaines références thématiques pertinentes.

I. Le graphique ci-dessous présente les poids relatifs des indicateurs liés aux références régionales dans chacun des deux corpus "vie chère" et "pouvoir d'achat".

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Constats et invitation à réfléchir :

- Dans l'actualité francophone en ligne, l'évocation de la "vie chère" est préférentiellement et significativement associée à l'évocation de l'Afrique en générale et de l'Afrique de l'Ouest en particulier. Ainsi, des pays comme la Côte d'Ivoire (Afrique de l'Ouest), le Burkina Faso (Afrique de l'Ouest), le Sénégal (Afrique de l'Ouest), l'Egypte (Afrique du Nord), le Cameroun (Afrique Centrale) et le Mali (Afrique de l'Ouest) sont respectivement mis scène de façon accentuée.

- En revanche, quand on y parle du "pouvoir d'achat", l'Europe en générale et l'Europe de l'Ouest en particulier sont préférentiellement et significativement évoquées. Ainsi, La France (Europe de l'Ouest) notamment et la Slovénie (Europe du Sud) sont "pointées du doigt" de façon accentuée.

- Seule exception, L'évocation de Haïti, pays le plus pauvre du continent américain (Amérique Centrale et Caraïbes), est nettement plus accentuée dans le corpus "vie chère" que dans le corpus "pouvoir d'achat".

Question : pourquoi en général dans l'actualité francophone en ligne associe-t-on préférentiellement le concept de  "vie chère" à l'Afrique et celui de "pouvoir d'achat" au monde occidental ?

Faisons un pas de plus dans l'analyse...

II. Le graphique ci-dessous présente les poids relatifs des indicateurs relatifs à des références thématiques hautement pertinentes en matière de "vie chère" et de "pouvoir d'achat".

 

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Quelques observations et commentaires :

- Le corpus "vie chère" se singularise par une nette insistance sur les références : "crises conflits" (c-à-d : émeutes, manifestations contre, lutte contre, marche contre, répression etc.), "aliments produits" (produits alimentaires notamment) et "mort" (des morts enregistrés lors des manifs : deux hommes tués en Côte d'Ivoire par exemple). Si on se rapelle que le concept "vie chère" est préférentiellement attribué en quelque sorte à l'Afrique, on peut comprendre ce titre très évocateur de l'AFP du 10/04/2008 concernant les manifestations contre la vie chère en Afrique : "Les "émeutes de la faim"". Au prix de leur vie pour certains, pourrait-on ajouter.

- Quant au corpus "pouvoir d'achat" dont on sait désormais qu'il est péférentiellement attribué à l'Europe de l'Ouest en particulier (dont la France notamment et la Slovénie), il se singularise par une accentuation nettement marquée sur tous les autres indicateurs. Notons en particulier l'insistance sur : les questions de "finances", du "travail et emploi", de la "baisse" du pouvoir d'achat en l'occurence, de la "hausse" des "prix", de "hausse" des "salaires et autres revenues (pensions, allocations, etc.)", de "santé", des "impôts et taxes", de la "grande distribution".

Comme le montre clairement le graphique ci-dessus, le monde "politique et syndical" est significativement interpellé dans les deux corpus de textes. Mais si  dans un cas, il est mis en rapport avec une question du "pouvoir d'achat" traitée en profondeur, sous plusieurs angles d'analyse et d'actions possibles, dans l'autre il est mis en rapport avec une question de "vie chère" présentée de façon très schématique (voire expéditive) et constatative, comme une dépêche. Le titre de l'AFP ci-dessus cité en est typique : "émeutes de la faim", point final, pourrait-on dire. D'ailleurs, tout le contenu de la dépêche était réduite à une question terrible : "Qui viendra en aide aux pays les plus pauvres alors que les manifestations se multiplient à travers le monde pour protester contre la hausse des denrées alimentaires ?" (C'est moi qui souligne).

En fin de compte, le titre de ma note aurait pu être : "Vie chère" et "pouvoir d'achat" : traitement périphérique versus traitement central de l'information dans l'actualité francophone en ligne.

Tout acte de communication fait implicitement présomption de sa propre pertinence :

« Demandant l’attention d’autrui, tout communicateur donne à entendre que son message est pertinent. La tâche du destinataire est alors de construire une interprétation du message propre à confirmer cette présomption de pertinence. » (Sperber et Wilson. Relevance : Communication and Cognition 1986)

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04/04/2008

Sankara, Lumumba, Nkrumah et Cabral sur Google

ed15d0ee061b1cd6d623aa09ca5eb7c6.gifPatrice Lumumba (du Congo-RDC-Zaïre : 1925-1961), Kwame Nkrumah (du Ghana :244f513bba560a04774e8bc39da34508.jpg 1909-1972), Amical Cabral (de Guinée Bissau et Cap-Vert : 1924-1973) et Thomas Sankara (du Burkina Faso : 1949-1987). Dans quels univers sémantiques ces quatre mythes politiques africains apparaissent dans les résultats du plus grand moteur de recherche, Google ?

 

Pour vous en donner une idée, j’ai limité mon analyse aux résultats retournés par Google en réponse aux requêtes « Patrice Lumumba », « Kwame Nkrumah », « Amical Cabral » et « Thomas Sankara ». Les corpus respectifs recueillis ont été soumis à une analyse sémantique fine qui a permis de dégager deux types d’indicateurs : des "indicateurs plutôt médiologiques" et des "indicateurs plutôt idéologiques".

 

Par « médiologie » je renvoie à Régis Debray (1991) pour qui la cae06c7661759a443b98d8d66843fa9e.jpgmédiologie : « s’appelle l’étude des médiations matérielles à travers lesquelles un verbe se fait chair » ; c’est la « logistique de l’esprit qui entend reconduire0b4179b876141ff35eba91d56b77206b.jpg l’abstraction baptisée ‘pensée’ au système des supports, rapports et moyens de transport qui lui assure, pour chaque époque, son existence sociale ».

 

Quant à l’ « idéologie », elle se trouve dans le contenu et non dans le contenant. Je renvoie à Jean Baechler (1976) pour qui une idéologie est une formation discursive plus ou moins polémique grâce à laquelle une passion cherche à réaliser une valeur par l’exercice du pouvoir dans une société. C'est en cela que l'idéologie peut être un support socio-politique.

 

I. Mais d'abord j'ouvre une petite parenthèse pour faire observer que, à la date du 31/03/08 où j'ai effectué le prélèvement des corpus sur google, le classement en terme de nombre de résultats pour les quatres illustres hommes politiques africains était le suivant : 1. Kwame Nkrumah (249 000 résultats) 2.Patrice Lumumba (232 000 résultats) 3. Thomas Sankara (165 000 résultats) 4. Amilcar Cabral (162 000 résultats).

 

II. Les « indicateurs médiologiques » : le graphique ci-après indique le poids relatif des indicateurs médiologiques dans chaque corpus de résultats-google.

N.B. "établissts univs" signifie "établissements et universités".

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Quelques observations et commentaires :

 

- Cabral, Nkrumah et Lumumba se distinguent nettement de Sankara sur les indicateurs médiologiques "voies et aéroports" (rue, avenue, boulevard, aéroport), "Etablissements Universités" (école, lycée, collège, université) et "histoire" (notamment pour Nkrumah). Notons que le pic "voies aéroports" associé à Cabral s'explique largement par la popularité de l'aéroport international Amilcar Cabral. Tandis que le pic "Etablissements Universités" associé à Nkrumah s'explique largement par la popularité de l'université Kwame Nkrumah (Kwame Nkrumah University of Science and Technology). L'Université Patrice Emery Lumumba quant à elle ne semble pas aussi populaire, du moins dans les résultats de Google. Les résultats de Sankara mentionnent timidement un "Lycée Thomas Sankara" (1 occurrence) et l'avenue Thomas Sankara d'existence très récente.

 

- En revanche, Thomas Sankara domine sur tous les autres indicateurs médiologiques, dont respectivement : "presse, blog, forum", "art et culture", "discours et interviews", "vidéo", "célébration", "jeunesse", "associations et clubs", "livres et biographies", "radio-télévision" et "photos et images". Est-ce à dire que Thomas Sankara est plus dans l'air du temps, plus "actuel" que les trois autres grandes figures politiques africaines ??? Je vous laisse y réfléchir.

 

III. Les "indicateurs idéologiques" : le graphique ci-après indique le poids relatif des indicateurs idéologiques dans chaque corpus de résultats-google.

Quelques observations et commentaires :

- Au regard de ces résultats on peut affirmer que tous les quatre grands hommes politiques africains ici représentés sont bel et bien perçus comme des "(pan)africanistes". On notera toutefois que dans ce domaine Kwame Nkrumah est incontestablement une grande figure de référence. Ne dit-on pas qu'il est le "père" du panafricanisme ?

 

- Cabral, Nkrumah et Lumumba présentent des scores remarquables relativement aux indicateurs idéologiques "liberté et indépendance" et "colonialisme et impérialisme". Ces résultats confirment l'image qui leur est collée comme "pères" des mouvements de libération et d'indépendance de l'Afrique Noire et figures de référence des luttes anti-colonialistes et anti-impérialistes. Par ailleurs, on notera les références "communisme et socialisme" associées préférentiellement à Cabral et à Nkrumah.

 

- Thomas Sankara, quant à lui, se singularise par son "régime politique" marqué du sceau de la "révolution" et de la référence aux valeurs "intégrité, dignité, honneur". Il est présenté en plus comme une incarnation d'une certaine "espérance" africaine.

 

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28/03/2008

Thomas Sankara bat Blaise Compaoré... sur Google

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eb61e283448a27b107b1b067235040a7.jpgThomas Sankara - l’homme qui incarna et dirigea la Révolution burkinabè (Burkina Faso) du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, l’homme qui est considéré comme le Che Guevara africain, l’homme dont l’héritage politique et « identitaire » est souvent comparé à ceux de Patrice Lumumba, Amilcar Cabral ou Kwame Nkrumah - survit-il sur le Web à son tombeur et unique successeur à la présidence du Faso : Blaise Compaoré ?

 

Le graphique ci-après – construit sur la base de l’analyse socio-sémantique des résultats fournis par le moteur de recherche le plus populaire Google en réponse aux requêtes « Thomas Sankara » et « Blaise Compaoré » - permet de répondre par l’affirmative.

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Ainsi que le montre le graphique ci-dessus, sans surprise c’est Blaise Compaoré qui domine l’actualité politique par rapport à Thomas Sankara. Cela est vérifié et confirmé par le différentiel du volume des résultats fournis par les moteurs de recherche d’actualités relatifs aux requêtes « Thomas Sankara » et « Blaise Compaoré », soit respectivement et à la date du 07/03/2008 : 4 résultats contre 107 résultats (pour le moteur Wikio) et 5 résultats contre 347 résultats (pour le moteur Redtram), pour ne citer que ceux-là.

 

En revanche, Thomas Sankara – qui totalise par ailleurs à la date du 08/03/08 plus de résultats sur Google que Blaise Compaoré (soit respectivement 178 000 résultats contre 156 000 résultats, ces données sont évolutives bien-entendu) - est incontestablement la « vedette » sur tous les autres « indicateurs socio-sémantiques » ici soumis à l’épreuve, lesquels indicateurs renvoient, selon leur sens et leur usage, à divers référents de la réalité sociale.

 


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N.B. Pour une juste compréhension de certaines catégories socio-sémantiques du graphique, voici quelques précisions sur leurs composants :

 

- « Art et culture » : art, culture, artistes, cinéma (film), festival, musique, concert, théâtre etc.

 

- « Groupes sociaux » : association, ONG, club, sympathisants, etc.

 

- « Discours interviews » : discours, allocution, message, déclaration, interview, entretien, parole, etc.

 

- « Célébration » : célébration, célébrer, hommage, commémoration, cérémonie, etc.

 

- « Intégrité dignité » : intégrité, intègre, dignité, honneur, respect, moralité, etc.

 

- « Droit justice » : droit, justice, état de droit, droit civil, procès, avocats, commission d’enquête, magistrature, etc.

 

- « Politique » : politique, syndicalisme, diplomatie, élection, conseil des ministres, gouvernement, opposition, démocratie, colonialisme, mondialisme, internationalisme, dictature, progressisme, etc.

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27/03/2008

L'école dans les résultats de Google : cas du Burkina, du Mali et du Sénégal

da1b075d6f1375542215ae73eefe427a.jpgQuels univers sémantiques sont associés à la référence "école" dans les résultats de recherche de Google (résultats du 26/03/08) pour les trois pays africains que sont : le Burkina Faso, le Mali et le Sénégal ?

Pour le savoir, j'ai limité l'analyse aux résultats de Google dont les titres contiennent respectivement : "école" et "Burkina" ; "école" et "Mali" ;"école" et "Sénégal".

 

L'analyse sémantique très fine que j'ai effectuée donnne les résultats suivants sous-forme graphique :

 

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Quelques observations sur ces résultats :

1. On peut dire que la présence (la visibilité) de la thématique de l'école sur Internet pour les trois pays africains (Burkina, Mali et Sénégal) est ici "portée" d'une part par le monde associatif, humanitaire et partenarial, d'autre part par le monde de la culture et de l'art (On pourrait même dire que la culture et l'art font école sur internet : "école du cinéma", "école de danse", "école de musique"...).

2. On parle de façon marquée de "l'enfant", des "jeunes" et de la "jeunesse", des "adolescents", des "filles", des "garçons" et de la "femme". En revanche, la référence à "l'élève" en tant qu'entité institutionnelle particulière est nettement moins importante. Tout se passe donc comme si ici l'enjeu n'est pas simplement la scolarisation au sens classique du terme.

3. La perspective territoriale, spaciale est non moins marquée. On parle de la "ville", du "village", du "milieu rural", de la "capitale", de la "province", du "département", du "Nord", du "Sud", de "l'Est", de "l'Ouest" etc.

Et bien d'autres choses encore...

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14/03/2008

Thomas Sankara versus Blaise Compaoré sur l'éducation (1986-1996)

1f54f612d798cfc03224a1e984fc305e.jpgEn quoi le projet éducatif de feu le président Thomas Sankara diffère-t-il dans son contenu et danse2c79d82356d33b2613e03b30842f5a1.jpg sa philosophie générale de celui de son unique successeur le président Blaise Compaoré ? C’est une des questions auxquelles j’ai eu à répondre lors d’une soutenance de mémoire universitaire en novembre 1997. En surfant sur Internet il m’a été donné de constater que les gens (re)découvrent avec intérêt ce fameux « Appel de Gaoua » lancé il y a de cela plus de deux décennies. Aussi ai-je décidé de vous faire partager un aspect de mes analyses et de mes réflexions d’alors.

Les corpus et leurs contextes

En 1986, sous feu Thomas Sankara, président du Faso et du Conseil National de la Révolution, les révolutionnaires tenteront d’instaurer ce que l’on a appelé « l’école révolutionnaire », dont l’ « Appel de Gaoua » prononcé le 17 octobre 1986, en est un témoignage éclatant. Ce grand et long discours fondateur constitue le « corpus Sankara ».

Quant au « corpus Compaoré », il se compose comme suit : Un extrait du Programme de Large rassemblement du candidat Compaoré (1991) ; les discours du premier ministre Roch Marc Christian Kaboré au Conseil Supérieur de l’éducation de 1993, à l’ouverture et à la fermeture des Etats généraux de l’éducation de 1994 ; et enfin la « Loi d’orientation de l’éducation » décrétée le 9 mai 1996 par le président Blaise Compaoré.

Le graphique ci-après compare les deux corpus de textes sur la base d’un scénario d’analyse articulé autour de douze « indicateurs socio-sémantiques ».

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Observations

Ainsi qu’on peut le constater, les références « éthique et morale » (dont le pic est remarquable), « enfant », « famille » et « enseignant » sont nettement plus accentués dans le « corpus Sankara » que dans le « corpus Compaoré ».

En revanche, les références « enseignement » (dont le pic est remarquable), « finances gestion », « institution », « hiérarchie » et « droit » (normal, il y eut une loi), sont nettement plus accentués dans le « corpus Compaoré » que dans le « corpus Sankara ».

Il en ressort donc que les focalisations référentielles diffèrent de façon significative et ne sont pas sans lien avec les positionnements politiques qui les déterminent :

L’un, le projet éducatif sankariste, prônant la morale et l’éthique de la responsabilité individuelle et collective et opérant sur les acteurs sociaux, les partenaires de l’éducation dont notamment le « triangle éducatif » famille-enfant-enseignant, semble être plutôt régi par une philosophie du changement social, de transformation des valeurs.

L’autre, le projet compaoriste, prônant une politique centrée sur le système d’enseignement en tant que tel (mise en cause des contenus et des formes d’enseignement), sans oublier les contraintes financières qui commandent une gestion se voulant rigoureuse de l’institution éducative et de son organisation hiérarchique, semble être animé par une logique d’adaptation visant l’efficience avec un minimum de risque, certains diront pragmatique.

Ces observations m’avaient inspiré ces réflexions : « Disons-le, le changement comporte beaucoup de risques, il n’est pas sans lien avec une certaine dose d’utopie qui le précède et le contient. Tandis que l’adaptation a cet avantage de rassurer, elle n’est pas créatrice de nouveautés, mais elle rassure et est moins coûteuse du point de vue socio-cognitif. Elle suit le cours de l’histoire sans oser proposer une autre issue, un autre monde, une autre histoire.» Et j’ajoutais : « Avec la chute de Thomas Sankara et du Conseil National de la Révolution en octobre 1987, on peut craindre que l’ « instituant » soit évacué du même coup et que les forces conservatrices, même teintées de réformisme, finissent par s’institutionnaliser. Il ne faut pas oublier que le réalisme de la realpolitik (appelée aussi pragmatisme) consacre aussi une perte de la force instituante, de l’effervescence créatrice, de l’utopie ». Qui dit mieux ?

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Vous pouvez aussi lire sur ce site un autre article : "Thomas Sankara bat Blaise Compaoré sur... Google".

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18/10/2017

Ouattara, Gbagbo, Soro et les douze verbes

Comment le web francophone met en scène les trois personnalités ivoiriennes à l'actualité très chargée que sont Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro ?

L'Analyse Factorielle des Correspondance (AFC) d'une douzaine de verbes les plus utilisés dans les corpus constitués autour de ces trois personnalités résume bien la situation.

Ouattara_Gbagbo_Soro_12VerbesJ.jpg
Ainsi que le montre le graphique ci-dessus (Les différences observées sont statistiquement significatives) :
- Alassane Ouattara, "reconnu", "confirmé" et "soutenu" comme président de la Côte d'Ivoire, s'installe dans la "déclaration"... présidentielle.
- Guillaume Soro," nommé" premier ministre d'Alassane Ouattara, "a formé" son gouvernement. Il apparaît singulièrement comme, comme LA VOIX des demandes et appels insistants de son camp pour une solution rapide à la situation de crise grave que traverse son pays.
- Quant à Laurent Gbagbo, président "sortant", il clairement prié de "céder" le pouvoir, de "quitter", de "partir"... mais pour le moment celui-ci fait la sourde oreille.
Pendant ce temps le peuple souverain de Côte d'Ivoire souffre. La sous-région ouest africaine et l'Afrique toute entière aussi. Car la guerre civile et son cortège de malheurs pointe à l'horizon.

 

 
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