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12/06/2011

Coup de coeur : Un village trois luttes

LogoUVTL04.png

 

L'association "Un village, trois luttes (UVTL)" est une association française (Loi 1901) qui accompagne et promeut le processus de développement agricole et rural durable dans les villages d'Afrique de l'Ouest francophone notamment. Plus précisément, elle appuie les villageois dans les légitimes et nobles combats qu’ils engagent pour améliorer leurs conditions de vie. C'est tout simplement notre coup de coeur. Elle mérite d'être soutenue dans ses actions. Je vous invite à visiter dès maintenant le site web consacré : UN VILLAGE TROIS LUTTES

Cordialement, Webthemic.

 

21/04/2011

Forte tension d'avril au Burkina

Montée brusque de fièvre au Burkina Faso. Le mois d'avril, dans un pays sahélien, est partiuclièrement chaud, mais là on dépasse les bornes.

Ci-après le graphique de l'évolution des données du "thermomètre médiatique" qui rend compte de la forte tension socio-politique en cours au pays des "hommes intègres".

BurkinaCrise.png

Alors que tout au long de l'année 2010 jusqu'au premier trimestre 2011 tout semblait calme, voilà que tout s'emballe d'un coup au mois d'avril 2011. Cette tension est d'autant plus grave qu'elle cristallise des colères croisées d'élèves, d'étudiants, d'hommes de loi, de  syndicats et notamment, de militaires et de commerçants.

La réponse à cette situation ne saurait être de pure forme. Pas de "circulez, il n' y a rien à voir". Une réforme de fond du système politique, institutionnel et militaire du pays et de la gouvernance doit s'opérer à tous les niveaux.

Le président Blaise Compaoré doit y veiller avec attention et hauteur de vue. Le mandat du peuple souverain du Burkina Faso à lui confier le 21 novembre 2010 l'y commande.

Ne jamais oublier, ni négliger le moment instituant, ce moment sacré du peuple. Tout pouvoir politique naît de lui, vit de lui et retourne à lui. L'instituant est toujours là pour vous le rappeler.

 

27/03/2009

Villes de débats et de rencontres : Ouagadougou versus Dakar

 

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OugaNabaKoom.jpegEntre Ouagadougou (la capitale du Burkina Faso) et Dakar (la capitale du Sénégal) quelle ville s'affiche le mieux, au DakarMonumMillenaire.jpegcours de ces dernières années, comme étant la ville de rencontres et de débats ? Pour vous en donner une idée, j'ai interrogé Google News Archive Search version francophone. Requêtes utilisées : ouagadougou OR ouaga dans un cas, dakar -"le dakar" dans l'autre (j'ai soustrait bon nombre de résultats ayant trait au "dakar sportif"). Les résultats ont été répartis en six sous-corpus couvrant les archives de la presse francophone en ligne des années 2003, 2004, 2005, 2006, 2007 et 2008. L'analyse sémantique automatique de ces sous-corpus permet de vous proposer deux graphiques qui m'ont paru intéressants :

Le premier graphique concerne l'évolution de la mise en scène médiatique de références ayant trait aux débats et aux rencontres dans les six sous-corpus. N.B. : le groupe de références "débats et rencontres" renvoient sémantiquement à : débats, rencontres, dialogue, concertation, colloque, conférence, réunion, congrès, etc.

ouaga_versus_dakar_le_groupe_de_référence__débats_&_rencontres_(2).png

N.B. : - Ouaga est le nom familier de Ouagadougou.
- "D/R" signifie "Débats et Rencontres".

Observations :

1. Sur la première moitié de la période visée (de 2003 à 2005) le "corpus ouagadougou" et le "corpus dakar" ne diffère pas sensiblement quant à la référence aux "débats et aux rencontres".

2. En revanche, sur la deuxième moitié de la période visée (de 2006 à 2008) Ouagadougou "incarne" nettement mieux le visage de LA ville des "débats et rencontres".

Le deuxième graphique ci-après est une cerise sur le gateau. Il présente l'évolution de la mise en scène médiatique de références ayant trait à la communauté internationale dans les corpus visés : ONU, OMS, FAO, Banque Mondiale, FMI, Union Africaine (UA), Organisation de l'Unité Africaine (OUA), Ligue Arabe, CEDEAO, OMC etc.

ouaga_versus_dakar_le_groupe_de_référence__organisat°s_internat°les_.png
N.B. : "OI" signifie Organisations Internationales

Observations :

1. Sur la période allant de 2003 à 2004, le "corpus dakar" domine le "corpus ouagadougou" quant aux références à la communauté internationale.

2. En revanche, sur la période allant de 2006 à 2008, le "corpus ouagadougou" présente nettement plus de références à la communauté internationale que le "corpus dakar".

Notons que les résultats représentés dans ce deuxième graphique (référence à la communauté internationale) présentent la même configuration que ceux représentés dans le premier graphique (référence aux débats et aux rencontres).

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« Demandant l’attention d’autrui, tout communicateur donne à entendre que son message est pertinent. La tâche du destinataire est alors de construire une interprétation du message propre à confirmer cette présomption de pertinence. » (Sperber et Wilson. Relevance : Communication and Cognition 1986)

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01/11/2008

Tourisme : Burkina versus Sénégal sur Google.fr

fespacoBurkina.jpeg

Le tourisme est devenu la première industrie selon l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT). Elle représenterait SenegPlage4.jpeg12% du PIB mondial et emploierait plus de 200 millions de personnes (8% des actifs). Secteur économique incontournable pour certains pays du Nord comme du Sud, le tourisme est envisagé comme un acteur majeur du développement et de la lutte contre la pauvreté.

Aussi ai-je voulu savoir ce que nous révèlent les résultats visibles de Google.fr concernant le tourisme au Burkina Faso (requête = intitle:tourisme burkina) et au Sénégal (requête = intitle:tourisme sénégal), deux pays francophones d'Afrique de l'Ouest. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet une petite présentation des deux pays s'impose.

Situé dans la boucle du Niger, le Burkina Faso est un pays continental de 274 200 km2, sans débouché sur la mer. Il est limité au Nord et à l'Ouest par le Mali, au Nord-Est par le Niger, au Sud-Est par le Bénin et au Sud par le Togo, le Ghana et la Côte d'Ivoire. Le point le plus proche de l'Océan Atlantique est éloigné de 500 km. De climat tropical, le Burkina Faso possède une saison sèche et une saison des pluies.

Occupant l'extrémité la plus occidentale du continent africain, sur une superficie de 197 000 Km2, le Sénégal est limité à l'Ouest par l' Océan Atlantique (530 km de côte), au Nord par la Mauritanie, à l'Est par le Mali, au Sud par la Guinée et la Guinée Bissau. La Gambie, constituée d'une bande de terre longue de 350 km en bordure du fleuve , est enclavée dans son territoire sénégalais. Le climat y est tropical et sec avec, là encore, deux saisons : la saison sèche et la saison des pluies.

Le graphique ci-après présente la répartition des taux d'occurrences de douze univers de références dans les deux corpus de résultats-google.

tourisme_burkina_versus_sénégal_sur_google_fr.png

Observations :

1. Le corpus "tourisme burkina" se distingue par une insistance nettement plus marquée sur les références sémantiques "tourisme alternatif", "culture/culturel", "association-ong" et "villages". Il faut savoir que le tourisme dit "alternatif" se veut être un genre de tourisme qui met au centre du voyage la rencontre, l'échange, la découverte d'autres cultures. Il privilégie l'implication des populations locales dans les différentes phases du projet touristique, et une répartition plus équitables des ressources générées. Par conséquent, l'univers de référence sémantique "tourisme alternatif" regroupe principalement ici les références - dans les résultats visibles de google.fr bien entendu - au tourisme dit "responsable", au tourisme dit "équitable" et au tourisme dit "solidaire".

2. Le corpus "tourisme sénégal" se singularise par une insistance nettement plus prononcée sur les références sémantiques "hôtel", "guide/annuaire", "nature/chasse/pêche" (mer et fleuve compris), "agence de voyage", "sport/loisirs/sexe", "vacances" et "villes". C'est dire que le corpus "tourisme sénégal" porte singulièrement les "marqueurs" du tourisme dit de "masse" (le Sénégal est un des rares pays africains à recevoir une part significative des 4%  d'arrivées de voyageurs que reçoit l'Afrique, d'après l'OMT). Avec le tourisme de masse, les touristes veulent avoir le même confort que chez eux. Ils veulent manger, boire, parler, se divertir et être informés comme d'habitude et ne prennent pas le temps de connaître le pays visité.

C'est connu, le tourisme de masse, en dépit de la manne financière qu'elle génère, a souvent des répercussions négatives sur la population et l'environnement : production énorme de déchets, consommation élevée d'énergie et d'eau. La culture locale peut même perdre du terrain si on n'y prend garde. Ces effets nuisibles me conduisent à penser qu'il est préférable, pour les pays africains en tout cas,  d'encourager voire d'exiger un tourisme durable capable de conjuguer la liberté du voyage et du tourisme avec le respect des populations et des régions visitées.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

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24/10/2008

OGM : Burkina Faso versus Mali sur Google.fr

Coton2.jpgJe voudrais revenir sur un point qui m'avait interpellé quand j'avais fait ma note intitulée "Paysans et pays sur Google.fr ..." (voir la note ici) : la question des OGM (organismes génétiquement modifiés). Le Burkina Faso et le Mali étant deux pays voisins assez comparables sur le plan des enjeux agricoles auxquels ils font face, j'ai soumis les résultats visibles de Google.fr relatifs aux requêtes "ogm+burkina" et "ogm+mali" à l'épreuve de l'analyse sémantique. Quels univers de référence structurent ces corpus de résultats ? Autrement dit, de quoi est-il question quand on évoque, sur le Web, la problématique des OGM dans chacun des deux pays ici concernés.

Pour la Fondation WWF, première organisation de protection de la nature dont les compétences dans le domaine scientifique sont mondialement reconnues, "le recours à des cultures génétiquement modifiées résistantes aux ravageurs ou à la sécheresse peut être bénéfique à court terme dans certaines régions, mais aussi se révéler néfaste tant pour les processus écologiques et la durabilité du secteur agricole que sur le double plan social et économique". Jugeant ce domaine de la science encore nouveau et les connaissances scientifiques non encore suffisamment étendues, la Fondation WWF demande que le principe de précaution soit strictement appliqué pour les OGM et leur dissémination, même accidentelle, dans la nature. Ce qui exige que des recherches écologiques approfondies soient menées avant de passer des expériences de laboratoire à la pratique généralisée.

Mais, face aux risques potentiels principalement sanitaires ou environnementaux (dissémination non désirée de gènes) que peuvent présenter certains OGM, deux positions radicales s'affrontent. En effet, certaines organisations scientifiques internationales, comme notamment le Conseil international pour la science, s'accordent sur le fait que les OGM commercialisés ne sont pas dangereux pour la santé humaine, et que les risques de dissémination sont correctement contrôlés. Tandis que les partisans du mouvement anti-OGM estiment que les précautions prises ne sont pas suffisantes.

Qu'est-ce que les résultats visibles de Google.fr nous apprend de ce débat en ce qui concerne le Burkina Faso et le Mali ? Le graphique ci-après présente six (6) principaux univers de référence structurant la trame discursive des deux corpus de résultats-Google.

ogm_burkina_faso_versus_mali_sur_google_fr.png

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Qu'observe-t-on ?

1. D'une façon générale, on observe que l'évocation de la thématique des OGM (organismes génétiquement modifiés) est associée à la mise en scène d'un discours fortement anti-orienté, un discours CONTRE, un discours de REJET, qui implique centralement la société civile (associations, ONG, organisation paysannes, syndicat) et les paysans/producteurs en particulier : anti-ogm, lutte contre les ogm, agriculture sans ogm, sentiments négatifs, désaccord etc., ce sont là quelques références utilisées réflétant une tension négative associée à l'évocation de la thématique des OGM. Cela dit, dans le détail, on peut faire les remarques suivantes :

2. Les références sémantiques "anti-ogm", "société civile et paysans", "politique et juridique" et "sécurité/riques" sont nettement plus accentuées dans le corpus "ogm Mali" que dans le corpus "ogm Burkina". En revanche, les références sémantiques "coton" et "essais/expérimenations" sont clairement plus convoquées dans le corpus "ogm Burkina" que dans le corpus "ogm Mali".

Autrement dit, ce qui, au sujet des OGM, singularise le corpus associé au Mali par rapport à celui associé au Burkina Faso c'est la saillance, sur Internet en tout cas, des discours anti-orientés, confrontant la société civile et les paysans/producteurs en particulier avec le monde politico-juridique, et pointant des enjeux sécuritaires et des risques sanitaires et environnementaux notamment.

Quant au corpus associé au Burkina Faso, ce qui le singularise par rapport à celui associé au Mali, c'est la focalisation de l'attention sur les essais et les expérimentations en cours dans le pays concernant le coton transgénique (coton Bt en l'occurrence). Les membres de la COPAGEN/Burkina déclaraient en 2006, je cite, être "particulièrement préoccupés au sujet de la situation qui prévaut au Burkina Faso en ce concerne l'introduction et les expérimentations en champ du coton Bt et maintenant l'engagement pour une production au plan national..." et qualifiaient l'introduction du coton transgénique "précipitée, simpliste et dénuée de tout réalisme" (Déclaration de la Coalition des organisations de la société civile pour la protection du patrimoine génétique africain du Burkina Faso - COPAGEN/Burkina, 03 novembre 2006).

Et vous, que pensez-vous de cette délicate et polémique question de l'introduction des OGM en Afrique ?

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20/10/2008

Paysans et pays sur Google : Burkina Faso, Mali, Sénégal

ImageForPaysan.jpegQue contiennent les résultats de Google.fr relatifs aux requêtes "intile:burkina paysans", "intitle:mali paysans" et "intitle:sénégal paysans". Vous l'aurez compris, je cherche à savoir, pour chacun des trois pays cités (Burkina Faso, Mali, Sénégal), ce qui, dans les résultats visibles de Google.fr, est mis en scène lorsqu'on parle des paysans. Pourquoi cela m'intéresse tant ? Eh bien, pour deux raisons : la première est affective, personnelle. Je suis le fils d'un paysan et d'une paysanne d'Afrique des villages. La deuxième, au-delà des considérations personnelles, tient au fait que je pense qu'il est vraiment urgent d'attirer l'attention sur les paysans africains toujours stigmatisés mais longtemps ignorés dans les programmes d'aide au développement des pays africains. Ces braves paysans africains qui ont toujours vécu à la sueur de leur front depuis des millénaires et qui, aujourd'hui, selon une formule qu'affectionnait un célèbre homme politique burkinabè, ont juste besoin de "l'aide qui les aide à se passer de l'aide" pour aménager leur environnement et asseoir de façon maîtrisée leur développement durable.

Le premier graphique ci-après présente la répartition des "actants" (qui ont pouvoir d'action) qui sont mis en scène dans les trois corpus de résultats-Google relatifs aux trois requêtes utilisées :"intile:burkina paysans", "intitle:mali paysans" et "intitle:sénégal paysans".

paysans_burkina_mali_senegal_sur_google_fr.png

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Le deuxième graphique ci-après présente la répartition des "actés" (objets sur lesquels ont peut agir) qui sont mis en scène dans les trois corpus de résultats-Google relatifs aux trois requêtes utilisées : "intile:burkina paysans", "intitle:mali paysans" et "intitle:sénégal paysans".

paysans_burkina_mali_sénégal_sur_google_fr(2).png

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Ces deux graphiques permettent de faire les observations suivantes :

1. D'une façon générale, les associations (dont les organisations paysannes) et les ONG d'une part, le triptyque "eaux terre arbres" d'autre part, sont les références les plus saillantes.

Mais si on regarde dans le détail on s'aperçoit que :

2. les références "associations ONG", "aide solidarité", "techniques technologies", "chimie-bio-génétique" (référence à l'usage des engrais, aux autres fertilisants et aux OGM en particulier) et "formation et apprentissage" sont nettement plus accentuées dans le "corpus Burkina Faso" que dans les "corpus Mali/Sénégal" ;

3. les références "banque finance" (le micro-crédit), "chercheurs experts" et "semences" (les semences paysannes notamment) sont nettement plus convoquées dans le "corpus Mali" que dans les "corpus Burkina/Sénégal" ;

4. quant au "corpus Sénégal", il se distingue des "corpus Burkina/Mali" par une insistance plus marquée sur le triptyque "eaux terre arbres" et sur les références "instances politiques" (gouvernement, ministères etc.) et "organisations internationales".

Il apparaît donc que les mises en scènes référentielles inscrites dans les trois corpus présentent des accents singuliers qui révèlent, à mon sens, des différences d'approche face aux problématiques paysannes.

Quelques exemples significatifs à titre illustratif :

- Suite à un engagement pris avec le gouvernement américain il y a de cela 4-5 ans, le Burkina Faso est devenu, depuis juillet 2008, le troisième producteur d'OGM (organismes génétiquement modifiés) en Afrique, après l'Afrique du Sud et l'Egypte. En effet, au début juillet 2008 l'Institut de l'Environnement et de Recherches Agricoles du Burkina (INERA) et MONSANTO ont signé un accord commercial qui organise l'importation de semences transgéniques destinées à être reproduites en champ. Le gouvernement burkinabè a même affiché son intention de procéder à partir de 2009 à la généralisation du coton transgénique, après des tests jugés probants de variétés locales génétiquement modifiées. La COPAGEN Burkina (Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain) a demandé un moratoire de 5 ans, soulignant le danger que représente les OGM pour la santé, les terres, la vie des générations à venir et le risque de mettre leur production sous dépendance. Mais, il faut savoir qu'en ce qui concerne le coton en particulier, le Burkina Faso en serait le 2ème producteur d'Afrique derrière l'Egypte. Il ferait vivre 20%de la population, rapporterait 60% des recettes d'exportation et représenterait un quart du PIB burkinabè. C'est dire que ce secteur n'est pas anodin pour l'économie du pays...

- Du 17 au 21 février 2007 s'est tenu à Bamako - Mali un atelier organisé par la CNOP (Coordiantion Nationale des Organisations Paysannes du Mali), l'association BEED et l'IIED (Institut International pour l'Environnement et le Développement) : "Privatisation des semences, quels enjeux pour l'Afrique de l'Ouest ?" A l'issue de cet atelier, les participants déclaraient : "Nous paysans, éleveurs nomades et représentants de la société civile et des mouvements sociaux et environnementaux de 17 pays, principalement d'Afrique de l'Ouest, avec des représentants d'Afrique du Nord, d'Amérique du Sud et d'Europe [...] décalarons : soutenir l'utilisation des semences paysannes pour la souveraineté alimentaire [...] interdire les OGM sur le sol d'Afrique [...] favoriser les échanges entre paysans et les innovations paysannes [...]" (Déclaration intitulée : "Semences paysannes, fondement de la souveraineté alimentaire en Afrique" ; c'est moi qui souligne).

- "Eaux arbres terres", un équilibre précaire en zone sahélo-saharienne. Quand il n'y a pas d'arbres, l'eau se fait rare. L'eau de pluie ne restera pas dans le sol, surtout en zone sahélienne. Elle s'évaporera rapidement dans l'air, ou se déplacera sur la surface du sol, entraînant avec elle la terre arable. Le sol deviendra pauvre et infertile. Tel est le processus de la désertification. Selon les experts, cette désertification a fait perdre au Sénégal près de 2 millions d'hectares de terres arables. Ce n'est donc pas pur harsard si le Sénégal a accueilli le siège de la Commission de coordination d'un ambitieux projet panafricain : le projet de la Grande Muraille Verte (GMV). C'est un projet  de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad) qui est soutenu par l'Union africaine. Il s'agit d'un vaste programme de reboisement qui ira de Dakar à Djibouti. Cette bande verte fera 15 kilomètres de large et 7000 kilomètres de long. Elle traversera le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Soudan, l'Erythrée et finira à Djibouti. Le projet prévoit également la construction de 80 bassins de rétention par pays traversé et l'introduction d'animaux sauvages dans la végétation qui sera formée.

Je n'ai pas l'outil de mesure pour savoir si cette Afrique-là est "assez entrée dans l'Histoire". Je suis cependant sûr d'une chose : cette Afrique-là est loin d'être figée, immobile, fataliste, pleurnicharde sur son sort. Non, il s'agit d'une Afrique qui se projette  et qui bouge, qui cherche des solutions à ses problèmes. Croyez-moi, cette Afrique-là n'est pas du tout empêtrée dans une prétendue crise identitaire, dans l'obsession d'un passé supposé glorieux ou d'un paradis perdu.  Je vois là une Afrique en quête et en désir d'un avenir meilleur. Il s'agit d'une Afrique en lutte et en éveil sur ses réalités. Cette Afrique-là, si elle a besoin d'accompagnement concret et efficace, de solidarité humaine tout simplement, elle a aussi besoin qu'on la respecte un peu.

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