Avertir le modérateur

09/04/2009

Discours de Dakar. Sarkozy versus Royal : Comment ? Qui ? Quoi ?

 

SarkozyDakar.jpegDans un discours prononcé le 26 juillet 2007 à Dakar (Sénégal), le président français Nicolas SARKOZY avait rejeté RoyalDakar01.jpegfermement tout repentir sur la colonisation et jugé que "l'homme africain (n'était) pas assez entré dans l'Histoire". On se souvient du tollé que ce jugement présidentiel avait provoqué en Afrique notamment. Moi-même j'en avais parlé ICI.

Le lundi 06 avril 2009, dans la même ville, l'ancienne candidate du parti socialiste à la présidentielle française de 2007 Ségolène ROYAL  a tenu un contre-discours non moins polémique au fameux discours de son principal (ex)rival politique. Dans ce discours intitulé "L'Afrique et l'Europe au XXIème siècle", la présidente de la région Poitou-Charentes a eu le culot de demander "pardon" aux africains pour les "paroles humiliantes" de "quelqu'un (qui) est venu ici vous dire que l'homme africain n'est pas entré dans l'Histoire". "Car (dit-elle), vous aussi vous avez fait l'Histoire, vous l'avez faite bien avant la colonisation."

Dans cette note je propose de faire une rapide analyse (type webthemic) comparée de ces deux discours polémiques sur la base de trois axes de lecture répondant aux trois questions suivantes : Comment (sont énoncés ces discours) ?  A qui, de  qui (s'adresse ces discours, il est parlé) ?  De quoi (à quel sujet) ?

Le premier graphique ci-après présente la répartition de certains descripteurs formels permettant de répondre à la question "Comment ?" au regard des deux discours ici analysés.

discours_de_dakar_sarkozy_vs_royal_modes_d'énonciation(2).png

Observations sur le "comment" :

1. Comparé au mode d'énonciation de Ségolène ROYAL, celui du président Nicolas SARKOZY dans son discours de Dakar du 26 juillet 2007 se singularise par :
- un "vouloir dire" (utilisation plus massive de la modalité du vouloir et de verbes déclaratifs ou verbes dits d'opinion/d'attitude de façon générale ("verb_déclaratifs" sur le graphique) ;
- une centration sur la personne allocutive (le "vous") dont on sait qu'elle n'est pas seulement la personne à qui on parle, mais aussi la personne "à qui on parle d'elle" et "de qui il est parlé" ;
- enfin, une plus grande utilisation de modalisations négatives ("MNégation" sur le graphique).
Notons que la négation déclarative n'est pas une formulation neutre. En général, quand on fait une négation déclarative on répond - pour la nier, la réfuter ou la désapprouver - à une assertion, selon le cas :
* effectivement exprimée par un interlocuteur, dans le cadre d'un dialogue direct ;
* précédemment exprimée par un tiers (une autorité, la doxa, l'imaginaire, un média etc.) ;
* hypothétique, c'est-à-dire qui aurait pu être formulée par quelqu'un, ou que le locuteur aurait pu formuler à lui-même.
Il va sans dire que la négation se présente comme une sorte de "jugement sur un jugement", un "jugement anti-orienté", d'où aussi son potentiel polémique.

2. Comparé au mode d'énonciation du président Nicolas SARKOZY, celui de Ségolène ROYAL dans son discours de Dakar du 06 avril 2009 se démarque par :
- un "devoir faire" (utilisation plus massive de la modalité du devoir et de verbes factifs ou verbes dits d'action de façon générale ("verb_factifs" sur le graphique). L'emploi de "devoir" indique une sorte de prospection qui concerne l'avenir. En employant "devoir", le locuteur (la locutrice en l'occurence) se situe au moment de la parole tout en visant le futur comme un point prospectif. C'est donc marquer un engagement voire une obligation, même si on ne peut pas savoir si l'engagement (ou l'obligation) sera respecté.
- un usage équilibré et significatif du  "je/nous". Le "je" royaliste, si j'ose dire, se dilate en un "nous d'identification" (jonction entre le "je" et le "non-je") sans pour autant s'annuler ;
- enfin, un usage significatif des "modalisations de temps et de lieu" ("MtpsLieu" sur le graphique), dénotant un acte de témoignage d'un réel vécu, un réel inscrit dans le temps et dans l'espace.

Le deuxième graphique ci-après présente la répartition de certaines références sémantiques permettant de répondre aux questions  "qui ?" et "quoi ?" au regard des deux discours ici analysés.

discours_de_dakar_sarkozy_vs_royal_qui___quoi__.png
N.B. :

- "OI&InstPolitiqs" renvoie aux références "Oragnisations internationales" et aux "instances politiques" ;
- "D_esprit/imaginaire" renvoie aux références sémantiques : "histoire", "art et culture", "religions", "mythologies et légendes", "cognitions et connaissances" et "vie, mort et destin" ;
- "D_socio-économiq" renvoie aux références sémantiques : "économie et commerce", "éducation et formation", "médecine et santé", "environnement et écologie", "énergie et électricité", "agriculture, élevage et pêche" et "travail et emploi" ;
- "D_valeurs" renvoie aux références sémantiques : "droit et justice", "liberté", "égalité", "solidarité, fraternité et civisme", "humanisme" et "respect, dignité et honneur".

Quelques observations sur le "qui ?" et le "quoi ?"

1. Comparé au discours de Dakar de Ségolène ROYAL, celui du président Nicolas SARKOZY présente les particularités suivantes :
- Le discours s'adresse bien entendu à l'Afrique et aux africains. Mais il s'adresse singulièrement à la "jeunesse africaine" ;
- Pour lui dire quoi ? Eh bien, singulièrement pour lui parler de la question du rapport à soi-même (y compris à son histoire), aux autres et au monde, c'est-à-dire de "réprésentations sociales et d'imaginaires" (usage significatif et singulier du groupe de références "D_esprit/imaginaire").

2. Comparé au discours de Dakar du président Nicolas SARKOZY, celui de Ségolène ROYAL présente les particularités suivantes :
- De qui ? A qui ? Là aussi le discours parle de l'Afrique et des africains. Mais vous l'aurez noté, il se démarque clairement par ses références aux "organisations internationales", aux "instances politiques", aux "peuples" et particulièrement aux "femmes" et aux "enfants".
- De quoi ? Très clairement, le discours de Ségolène ROYAL révèle :
* d'une part, un ancrage socio-économique singulier marqué notamment par des références significatives : à l'économie et le commerce, à l'éducation et la formation, à la santé, à l'environnement et l'écologie, à l'énergie et l'électricité, à l'agriculture, l'élevage et la pêche, au travail et l'emploi ;
* d'autre part, un  appel singulier aux valeurs, qui se traduit notamment par des références significatives : au droit et la justice, à la liberté, à la solidarité, la fraternité et le civisme, à l'humanisme, au respect, la dignité et l'honneur.

Tels sont là quelques éléments d'analyse des deux discours. Je vous laisse confronter et interpréter, pour chacun de nos deux illustres locuteurs (Nicolas SARKOZY et Ségolène ROYAL), les résultats d'analyse au plan énonciatif et au plan référentiel .

Cher(e)s ami(e)s, je vous invite à évaluer le blog WEBTHEMIC en CLIQUANT ICI

Tout acte de communication fait implicitement présomption de sa propre pertinence :

« Demandant l’attention d’autrui, tout communicateur donne à entendre que son message est pertinent. La tâche du destinataire est alors de construire une interprétation du message propre à confirmer cette présomption de pertinence. » (Sperber et Wilson. Relevance : Communication and Cognition 1986)

Chers amis internautes, à vos claviers donc ! Vos commentaires sont les bienvenus sur la thématique de la présence africaine sur Internet!

Cet article est libre de droit. Mais je compte sur votre bienveillance pour citer mon blog (pointer vers moi) en cas de reprise totale ou partielle de son contenu. Merci beaucoup !

Blogueurs, visitez un super site qui en vaut le coup, parole d'O.S., animateur de Webthemic, cliquez vite ICI !!!

300 Visiteurs Gratuits par heure !

http://www.wikio.fr

Nombre total de Visiteurs uniques du site depuis Février 2008


Afrigator

Paperblog

02/02/2009

Thomas Sankara interviewé : je-nous, peuple-ennemis

Sankara1.jpg

Cher(e)s ami(e)s, je vous invite à évaluer le blog WEBTHEMIC en CLIQUANT ICI

Encore une note sur Thomas Sankara !!! (J'en ai déjà fait ici, ici et ). Figurez-vous que les stats internes de mon blog révèlent que les mot-clés "sankara" et "thomas sankara" sont parmi ceux qui sont le plus souvent saisis par les internautes pour "tomber" sur mes notes. Ce qui veut dire que Thomas Sankara est un bon sujet pour attirer des visiteurs (pas con !!!). Plus sérieusement, je fais cette note pour répondre, à ma façon, à une question que nombre de mes fidèles lecteurs m'ont posée : en gros, "quelle est votre analyse de la tragédie de la révolution burkinabè et du leadership sankariste ?"

Répondre à ma façon, dis-je. Eh bien, j'ai tout simplement analysé la configuration de quatre indices langagiers dans les paroles de Thomas Sankara en situation naturelle d'interview. Ces indices sont : "moi-je", "nous", "peuple" et "ennemis" (groupe sémantique constitué essentiellement par cinq références : ennemis, réactionnaires, la réaction, adversaires, contre-révolutionnaires). Les textes d'interviews analysés sont consultables sur le plus important site internet dédié à Thomas Sankara (www.thomassankara.net. Au passage, je dis merci et bravo aux animateurs de ce site pour le travail hautement utile d'archivage et de mise à disposition de certains documents couvrant la séquence révolutionnaire burkinabè (1983-1987).

Pour bien mettre en évidence l'évolution dans le temps de la configuration des indices langagiers retenus ici, j'ai réparti l'ensemble des textes d'interviews disponibles sur le site www.thomassankara.net en trois sous-corpus : "corpus 1983-1984", "corpus 1985" et "corpus 1986-1987". Les deux graphiques ci-après nous permettront de visualiser les résultats de l'analyse sous deux angles : l'angle de l'évolution des poids relatifs des quatre indices langagiers et celui complémentaire de l'évolution de leurs taux de variation.

poids_relatifs__je_,__nous__,__peuple_,__ennemis_.png

graph2_taux_de_variation__je_,__nous_,__peuple_,__ennemis_.png

Blogueurs, visitez un super site qui en vaut le coup, parole d'O.S., animateur de Webthemic, cliquez vite ICI !!!


Cher(e)s ami(e)s, je vous invite à évaluer le blog WEBTHEMIC en CLIQUANT ICI

Quelques commentaires

1. Thomas Sankara, dans son énonciation, utilise préférentiellement le pronom "NOUS" par rapport au "moi-je" (Voir graphique 1). Il est intéressant d'analyser ce fait de langue et de langage. Cet usage massif et constant  (voir graphique 2) du "nous" dans les actes de parole sankaristes signifie, à mon avis, que le "nous" est chez Sankara un élément central d'une stratégie discursive spécifique visant à associer le destinataire à l'origine énonciative, à présupposer un collectif nourri de sentiment d'appartenance à une communauté révolutionnaire. Dire "nous.. " c'est mettre en scène un système d'inclusion dont l'objectif est de susciter un phénomène d'identification collective, voire d'unification. Un acte de parole articulé au "nous" affirme une parole qui se veut commune et une communauté d'accord. En référant ses actes de parole authentiques au pronom "nous", Thomas Sankara semble donc proposer une identité autant qu'une conduite : inclure et viser l'unification autour des idéaux du Conseil National de la Révolution burkinabè.

2. Dans la période 1983-1984 notamment (voir Graphiques 1 et 2), on voit que le travail d'unification, de totalisation politique inscrite dans la parole sankariste passe par la mobilisation conjointe de deux thématiques en particulier : celle du rassemblement révolutionnaire pour le "PEUPLE" burkinabè et celle de l'exclusion du tiers - l'ENNEMI réel ou supposé - qu'il s'agit de combattre. Deux figures opposées et complémentaires donc : une figure attractive (le peuple), parée de toutes les vertus et qui mérite toute l'attention des révolutionnaires et une figure répulsive (l'ennemi du peuple bien entendu) à "abattre". Cette opération stratégique visiblement manichéenne de position et d'opposition permet en fait de délimiter ce que l'on pourrait appeler le territoire de l'organisation révolutionnaire, de le structurer et de l'orienter. JE me souviens qu'à l'époque, dans la ferveur révolutionnaire, l'ennemi présenté de manière plus ou moins abstraite et implacable était un personnage central qu'il convenait de contrer par tous les moyens, un personnage méthodiquement introduit dans l'imaginaire de la jeunesse burkinabè en particulier.

3. Le tryptique "NOUS- le PEUPLE-Les ENNEMIS" (en réalité une opposition "NOUS avec le PEUPLE" face aux "ENNEMIS")  qui était en vigueur dans la stratégie discursive sankariste de la période 1983-1984 perd beaucoup de sa force structurante dans la stratégie discursive sankariste de la période 1986-1987. La tension "peuple" versus "ennemis" a significativement baissé (voir Graphique 2 : évolution des taux de variation). C'est une inflexion importante. Tout se passe comme si, à ce moment là, il n'y a plus d'extérieur structurant. Le "NOUS" dont l'usage est pourtant resté d'une insistance constante dans l'énonciation sankariste (voir Graphique 2) et dont l'utisation est fondamentalement polémique se retrouve à l'étroit, refermé sur lui-même et finit par manquer de respiration. La suite est connue. Ce "Nous" implosera tragiquement le 15 octobre 1987 avec la mort de Thomas Sankara. Il implose parce que la volonté sankariste d'unification des acteurs internes de la révolution burkinabè va se heurter à l'apparition d'autres "nous" au sein même du Conseil National de la Révolution, révélant d'autres groupes constitués sur la base d'autres valeurs. Enfin, le désir de "Nous" se retrouvera confronté avec une montée en puissance du "Moi-Je" (y compris la montée du "Moi-Je" de Thom Sank lui-même : voir Graphique 2 - période 1986-1987) qui s'affirme ça et là, un "Moi-Je" irréductible et infidèle qui refuse toute appartenance imposée. La problématique du "Je" dont Norbert Elias dans La société des individus (1994) montre l'émergence historique récente et forte, reprend en quelque sorte tous ses droits dans cet espace socio-politique burkinabè où elle était finalement peu affirmée. Dès lors, le "Nous" sankariste, à l'instar de celui de Robespierre dans la Révolution française, devenait un territoire impossible. Thomas Sankara a sans doute été le premier à s'en apercevoir : il aurait proposer la RECTIFICATION de la Révolution pour aller vers plus de démocratie avant même que son compagnon d'armes, son ami, son "N°2" et finalement son tombeur Blaise Compaoré n'en fasse son cheval de bataille. Dans un de ses derniers grands discours à Bobo-Dioulasso (août 1987) il disait précisément ceci : "Dans le proche passé, nous avons parfois commis des erreurs. Cela ne devra plus se produire sur la terre sacrée du Burkina Faso. Il doit y avoir de la place dans le coeur de chacun de nous pour ceux qui ne sont pas encore parfaitement en harmonie avec le Discours d'orientation politique et les objectifs de notre plan quiquenal. Ce sera à nous d'aller à eux et de les gagner à la cause révolutionnaire du peuple... Nous devons préférer un pas ensemble avec le peuple plutôt que de faire dix pas sans le peuple." (In Thomas Sankara. Oser inventer l'avenir, p. 264, Ed Pathfinder et l'Harmattan 1991).

Pour finir, je vous laisse méditer ces deux citations :

1. "Ca me dépasse, mais c'est tout de même par moi que ça passe" (F. Flahault, La parole intermédiaire, Paris, Minuit, 1978 : 161).
2. "C'est quand je deviens Rien et parce que je suis capable de devenir Rien, de m'annuler, de m'oublier, de me dévouer, que je deviens Tout." (P. Bourdieu, Choses dites, Paris, Minuit, 1987).

Cher(e)s ami(e)s, je vous invite à évaluer le blog WEBTHEMIC en CLIQUANT ICI

Tout acte de communication fait implicitement présomption de sa propre pertinence :

« Demandant l’attention d’autrui, tout communicateur donne à entendre que son message est pertinent. La tâche du destinataire est alors de construire une interprétation du message propre à confirmer cette présomption de pertinence. » (Sperber et Wilson. Relevance : Communication and Cognition 1986)

Chers amis internautes, à vos claviers donc ! Vos commentaires sont les bienvenus sur la thématique de la présence africaine sur Internet!

Cet article est libre de droit. Mais je compte sur votre bienveillance pour citer mon blog (pointer vers moi) en cas de reprise totale ou partielle de son contenu. Merci beaucoup !

 

Blogueurs, visitez un super site qui en vaut le coup, parole d'O.S., animateur de Webthemic, cliquez vite ICI !!!

300 Visiteurs Gratuits par heure !

http://www.wikio.fr

Nombre total de Visiteurs uniques du site depuis Février 2008


Afrigator

Paperblog

 

14/03/2008

Thomas Sankara versus Blaise Compaoré sur l'éducation (1986-1996)

1f54f612d798cfc03224a1e984fc305e.jpgEn quoi le projet éducatif de feu le président Thomas Sankara diffère-t-il dans son contenu et danse2c79d82356d33b2613e03b30842f5a1.jpg sa philosophie générale de celui de son unique successeur le président Blaise Compaoré ? C’est une des questions auxquelles j’ai eu à répondre lors d’une soutenance de mémoire universitaire en novembre 1997. En surfant sur Internet il m’a été donné de constater que les gens (re)découvrent avec intérêt ce fameux « Appel de Gaoua » lancé il y a de cela plus de deux décennies. Aussi ai-je décidé de vous faire partager un aspect de mes analyses et de mes réflexions d’alors.

Les corpus et leurs contextes

En 1986, sous feu Thomas Sankara, président du Faso et du Conseil National de la Révolution, les révolutionnaires tenteront d’instaurer ce que l’on a appelé « l’école révolutionnaire », dont l’ « Appel de Gaoua » prononcé le 17 octobre 1986, en est un témoignage éclatant. Ce grand et long discours fondateur constitue le « corpus Sankara ».

Quant au « corpus Compaoré », il se compose comme suit : Un extrait du Programme de Large rassemblement du candidat Compaoré (1991) ; les discours du premier ministre Roch Marc Christian Kaboré au Conseil Supérieur de l’éducation de 1993, à l’ouverture et à la fermeture des Etats généraux de l’éducation de 1994 ; et enfin la « Loi d’orientation de l’éducation » décrétée le 9 mai 1996 par le président Blaise Compaoré.

Le graphique ci-après compare les deux corpus de textes sur la base d’un scénario d’analyse articulé autour de douze « indicateurs socio-sémantiques ».

Bloggeurs, visitez un super site qui en vaut le coup, parole d'O.S., animateur de Webthemic, cliquez vite ICI !!!

300 Visiteurs Gratuits par heure !

Observations

Ainsi qu’on peut le constater, les références « éthique et morale » (dont le pic est remarquable), « enfant », « famille » et « enseignant » sont nettement plus accentués dans le « corpus Sankara » que dans le « corpus Compaoré ».

En revanche, les références « enseignement » (dont le pic est remarquable), « finances gestion », « institution », « hiérarchie » et « droit » (normal, il y eut une loi), sont nettement plus accentués dans le « corpus Compaoré » que dans le « corpus Sankara ».

Il en ressort donc que les focalisations référentielles diffèrent de façon significative et ne sont pas sans lien avec les positionnements politiques qui les déterminent :

L’un, le projet éducatif sankariste, prônant la morale et l’éthique de la responsabilité individuelle et collective et opérant sur les acteurs sociaux, les partenaires de l’éducation dont notamment le « triangle éducatif » famille-enfant-enseignant, semble être plutôt régi par une philosophie du changement social, de transformation des valeurs.

L’autre, le projet compaoriste, prônant une politique centrée sur le système d’enseignement en tant que tel (mise en cause des contenus et des formes d’enseignement), sans oublier les contraintes financières qui commandent une gestion se voulant rigoureuse de l’institution éducative et de son organisation hiérarchique, semble être animé par une logique d’adaptation visant l’efficience avec un minimum de risque, certains diront pragmatique.

Ces observations m’avaient inspiré ces réflexions : « Disons-le, le changement comporte beaucoup de risques, il n’est pas sans lien avec une certaine dose d’utopie qui le précède et le contient. Tandis que l’adaptation a cet avantage de rassurer, elle n’est pas créatrice de nouveautés, mais elle rassure et est moins coûteuse du point de vue socio-cognitif. Elle suit le cours de l’histoire sans oser proposer une autre issue, un autre monde, une autre histoire.» Et j’ajoutais : « Avec la chute de Thomas Sankara et du Conseil National de la Révolution en octobre 1987, on peut craindre que l’ « instituant » soit évacué du même coup et que les forces conservatrices, même teintées de réformisme, finissent par s’institutionnaliser. Il ne faut pas oublier que le réalisme de la realpolitik (appelée aussi pragmatisme) consacre aussi une perte de la force instituante, de l’effervescence créatrice, de l’utopie ». Qui dit mieux ?

Tout acte de communication fait implicitement présomption de sa propre pertinence :

« Demandant l’attention d’autrui, tout communicateur donne à entendre que son message est pertinent. La tâche du destinataire est alors de construire une interprétation du message propre à confirmer cette présomption de pertinence. » (Sperber et Wilson. Relevance : Communication and Cognition 1986)

Chers amis internautes, à vos claviers donc ! Vos commentaires sont les bienvenus.

Cet article est libre de droit. Mais je compte sur votre bienveillance pour citer mon blog en cas de reprise totale ou partielle de son contenu. Merci beaucoup !

O.S. Animateur du blog.

Vous pouvez aussi lire sur ce site un autre article : "Thomas Sankara bat Blaise Compaoré sur... Google".

Bloggeurs, visitez un super site qui en vaut le coup, parole d'O.S., animateur de Webthemic, cliquez vite ICI !!!

300 Visiteurs Gratuits par heure !

Nombre total de Visiteurs uniques du site depuis Février 2008

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu