Avertir le modérateur

24/10/2008

OGM : Burkina Faso versus Mali sur Google.fr

Coton2.jpgJe voudrais revenir sur un point qui m'avait interpellé quand j'avais fait ma note intitulée "Paysans et pays sur Google.fr ..." (voir la note ici) : la question des OGM (organismes génétiquement modifiés). Le Burkina Faso et le Mali étant deux pays voisins assez comparables sur le plan des enjeux agricoles auxquels ils font face, j'ai soumis les résultats visibles de Google.fr relatifs aux requêtes "ogm+burkina" et "ogm+mali" à l'épreuve de l'analyse sémantique. Quels univers de référence structurent ces corpus de résultats ? Autrement dit, de quoi est-il question quand on évoque, sur le Web, la problématique des OGM dans chacun des deux pays ici concernés.

Pour la Fondation WWF, première organisation de protection de la nature dont les compétences dans le domaine scientifique sont mondialement reconnues, "le recours à des cultures génétiquement modifiées résistantes aux ravageurs ou à la sécheresse peut être bénéfique à court terme dans certaines régions, mais aussi se révéler néfaste tant pour les processus écologiques et la durabilité du secteur agricole que sur le double plan social et économique". Jugeant ce domaine de la science encore nouveau et les connaissances scientifiques non encore suffisamment étendues, la Fondation WWF demande que le principe de précaution soit strictement appliqué pour les OGM et leur dissémination, même accidentelle, dans la nature. Ce qui exige que des recherches écologiques approfondies soient menées avant de passer des expériences de laboratoire à la pratique généralisée.

Mais, face aux risques potentiels principalement sanitaires ou environnementaux (dissémination non désirée de gènes) que peuvent présenter certains OGM, deux positions radicales s'affrontent. En effet, certaines organisations scientifiques internationales, comme notamment le Conseil international pour la science, s'accordent sur le fait que les OGM commercialisés ne sont pas dangereux pour la santé humaine, et que les risques de dissémination sont correctement contrôlés. Tandis que les partisans du mouvement anti-OGM estiment que les précautions prises ne sont pas suffisantes.

Qu'est-ce que les résultats visibles de Google.fr nous apprend de ce débat en ce qui concerne le Burkina Faso et le Mali ? Le graphique ci-après présente six (6) principaux univers de référence structurant la trame discursive des deux corpus de résultats-Google.

ogm_burkina_faso_versus_mali_sur_google_fr.png

Blogueurs, visitez un super site qui en vaut le coup, parole d'O.S., animateur de Webthemic, cliquez vite ICI !!!

300 Visiteurs Gratuits par heure !

Afrigator
Qu'observe-t-on ?

1. D'une façon générale, on observe que l'évocation de la thématique des OGM (organismes génétiquement modifiés) est associée à la mise en scène d'un discours fortement anti-orienté, un discours CONTRE, un discours de REJET, qui implique centralement la société civile (associations, ONG, organisation paysannes, syndicat) et les paysans/producteurs en particulier : anti-ogm, lutte contre les ogm, agriculture sans ogm, sentiments négatifs, désaccord etc., ce sont là quelques références utilisées réflétant une tension négative associée à l'évocation de la thématique des OGM. Cela dit, dans le détail, on peut faire les remarques suivantes :

2. Les références sémantiques "anti-ogm", "société civile et paysans", "politique et juridique" et "sécurité/riques" sont nettement plus accentuées dans le corpus "ogm Mali" que dans le corpus "ogm Burkina". En revanche, les références sémantiques "coton" et "essais/expérimenations" sont clairement plus convoquées dans le corpus "ogm Burkina" que dans le corpus "ogm Mali".

Autrement dit, ce qui, au sujet des OGM, singularise le corpus associé au Mali par rapport à celui associé au Burkina Faso c'est la saillance, sur Internet en tout cas, des discours anti-orientés, confrontant la société civile et les paysans/producteurs en particulier avec le monde politico-juridique, et pointant des enjeux sécuritaires et des risques sanitaires et environnementaux notamment.

Quant au corpus associé au Burkina Faso, ce qui le singularise par rapport à celui associé au Mali, c'est la focalisation de l'attention sur les essais et les expérimentations en cours dans le pays concernant le coton transgénique (coton Bt en l'occurrence). Les membres de la COPAGEN/Burkina déclaraient en 2006, je cite, être "particulièrement préoccupés au sujet de la situation qui prévaut au Burkina Faso en ce concerne l'introduction et les expérimentations en champ du coton Bt et maintenant l'engagement pour une production au plan national..." et qualifiaient l'introduction du coton transgénique "précipitée, simpliste et dénuée de tout réalisme" (Déclaration de la Coalition des organisations de la société civile pour la protection du patrimoine génétique africain du Burkina Faso - COPAGEN/Burkina, 03 novembre 2006).

Et vous, que pensez-vous de cette délicate et polémique question de l'introduction des OGM en Afrique ?

Tout acte de communication fait implicitement présomption de sa propre pertinence :

« Demandant l’attention d’autrui, tout communicateur donne à entendre que son message est pertinent. La tâche du destinataire est alors de construire une interprétation du message propre à confirmer cette présomption de pertinence. » (Sperber et Wilson. Relevance : Communication and Cognition 1986)

Chers amis internautes, à vos claviers donc ! Vos commentaires sont les bienvenus !

Cet article est libre de droit. Mais je compte sur votre bienveillance pour citer mon blog (pointer vers moi) en cas de reprise totale ou partielle de son contenu. Merci beaucoup !

 

Blogueurs, visitez un super site qui en vaut le coup, parole d'O.S., animateur de Webthemic, cliquez vite ICI !!!

300 Visiteurs Gratuits par heure !

http://www.wikio.fr

Nombre total de Visiteurs uniques du site depuis Février 2008


Afrigator

20/10/2008

Paysans et pays sur Google : Burkina Faso, Mali, Sénégal

ImageForPaysan.jpegQue contiennent les résultats de Google.fr relatifs aux requêtes "intile:burkina paysans", "intitle:mali paysans" et "intitle:sénégal paysans". Vous l'aurez compris, je cherche à savoir, pour chacun des trois pays cités (Burkina Faso, Mali, Sénégal), ce qui, dans les résultats visibles de Google.fr, est mis en scène lorsqu'on parle des paysans. Pourquoi cela m'intéresse tant ? Eh bien, pour deux raisons : la première est affective, personnelle. Je suis le fils d'un paysan et d'une paysanne d'Afrique des villages. La deuxième, au-delà des considérations personnelles, tient au fait que je pense qu'il est vraiment urgent d'attirer l'attention sur les paysans africains toujours stigmatisés mais longtemps ignorés dans les programmes d'aide au développement des pays africains. Ces braves paysans africains qui ont toujours vécu à la sueur de leur front depuis des millénaires et qui, aujourd'hui, selon une formule qu'affectionnait un célèbre homme politique burkinabè, ont juste besoin de "l'aide qui les aide à se passer de l'aide" pour aménager leur environnement et asseoir de façon maîtrisée leur développement durable.

Le premier graphique ci-après présente la répartition des "actants" (qui ont pouvoir d'action) qui sont mis en scène dans les trois corpus de résultats-Google relatifs aux trois requêtes utilisées :"intile:burkina paysans", "intitle:mali paysans" et "intitle:sénégal paysans".

paysans_burkina_mali_senegal_sur_google_fr.png

Blogueurs, visitez un super site qui en vaut le coup, parole d'O.S., animateur de Webthemic, cliquez vite ICI !!!

300 Visiteurs Gratuits par heure !

Le deuxième graphique ci-après présente la répartition des "actés" (objets sur lesquels ont peut agir) qui sont mis en scène dans les trois corpus de résultats-Google relatifs aux trois requêtes utilisées : "intile:burkina paysans", "intitle:mali paysans" et "intitle:sénégal paysans".

paysans_burkina_mali_sénégal_sur_google_fr(2).png

Blogueurs, visitez un super site qui en vaut le coup, parole d'O.S., animateur de Webthemic, cliquez vite ICI !!!

300 Visiteurs Gratuits par heure !

Ces deux graphiques permettent de faire les observations suivantes :

1. D'une façon générale, les associations (dont les organisations paysannes) et les ONG d'une part, le triptyque "eaux terre arbres" d'autre part, sont les références les plus saillantes.

Mais si on regarde dans le détail on s'aperçoit que :

2. les références "associations ONG", "aide solidarité", "techniques technologies", "chimie-bio-génétique" (référence à l'usage des engrais, aux autres fertilisants et aux OGM en particulier) et "formation et apprentissage" sont nettement plus accentuées dans le "corpus Burkina Faso" que dans les "corpus Mali/Sénégal" ;

3. les références "banque finance" (le micro-crédit), "chercheurs experts" et "semences" (les semences paysannes notamment) sont nettement plus convoquées dans le "corpus Mali" que dans les "corpus Burkina/Sénégal" ;

4. quant au "corpus Sénégal", il se distingue des "corpus Burkina/Mali" par une insistance plus marquée sur le triptyque "eaux terre arbres" et sur les références "instances politiques" (gouvernement, ministères etc.) et "organisations internationales".

Il apparaît donc que les mises en scènes référentielles inscrites dans les trois corpus présentent des accents singuliers qui révèlent, à mon sens, des différences d'approche face aux problématiques paysannes.

Quelques exemples significatifs à titre illustratif :

- Suite à un engagement pris avec le gouvernement américain il y a de cela 4-5 ans, le Burkina Faso est devenu, depuis juillet 2008, le troisième producteur d'OGM (organismes génétiquement modifiés) en Afrique, après l'Afrique du Sud et l'Egypte. En effet, au début juillet 2008 l'Institut de l'Environnement et de Recherches Agricoles du Burkina (INERA) et MONSANTO ont signé un accord commercial qui organise l'importation de semences transgéniques destinées à être reproduites en champ. Le gouvernement burkinabè a même affiché son intention de procéder à partir de 2009 à la généralisation du coton transgénique, après des tests jugés probants de variétés locales génétiquement modifiées. La COPAGEN Burkina (Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain) a demandé un moratoire de 5 ans, soulignant le danger que représente les OGM pour la santé, les terres, la vie des générations à venir et le risque de mettre leur production sous dépendance. Mais, il faut savoir qu'en ce qui concerne le coton en particulier, le Burkina Faso en serait le 2ème producteur d'Afrique derrière l'Egypte. Il ferait vivre 20%de la population, rapporterait 60% des recettes d'exportation et représenterait un quart du PIB burkinabè. C'est dire que ce secteur n'est pas anodin pour l'économie du pays...

- Du 17 au 21 février 2007 s'est tenu à Bamako - Mali un atelier organisé par la CNOP (Coordiantion Nationale des Organisations Paysannes du Mali), l'association BEED et l'IIED (Institut International pour l'Environnement et le Développement) : "Privatisation des semences, quels enjeux pour l'Afrique de l'Ouest ?" A l'issue de cet atelier, les participants déclaraient : "Nous paysans, éleveurs nomades et représentants de la société civile et des mouvements sociaux et environnementaux de 17 pays, principalement d'Afrique de l'Ouest, avec des représentants d'Afrique du Nord, d'Amérique du Sud et d'Europe [...] décalarons : soutenir l'utilisation des semences paysannes pour la souveraineté alimentaire [...] interdire les OGM sur le sol d'Afrique [...] favoriser les échanges entre paysans et les innovations paysannes [...]" (Déclaration intitulée : "Semences paysannes, fondement de la souveraineté alimentaire en Afrique" ; c'est moi qui souligne).

- "Eaux arbres terres", un équilibre précaire en zone sahélo-saharienne. Quand il n'y a pas d'arbres, l'eau se fait rare. L'eau de pluie ne restera pas dans le sol, surtout en zone sahélienne. Elle s'évaporera rapidement dans l'air, ou se déplacera sur la surface du sol, entraînant avec elle la terre arable. Le sol deviendra pauvre et infertile. Tel est le processus de la désertification. Selon les experts, cette désertification a fait perdre au Sénégal près de 2 millions d'hectares de terres arables. Ce n'est donc pas pur harsard si le Sénégal a accueilli le siège de la Commission de coordination d'un ambitieux projet panafricain : le projet de la Grande Muraille Verte (GMV). C'est un projet  de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad) qui est soutenu par l'Union africaine. Il s'agit d'un vaste programme de reboisement qui ira de Dakar à Djibouti. Cette bande verte fera 15 kilomètres de large et 7000 kilomètres de long. Elle traversera le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Soudan, l'Erythrée et finira à Djibouti. Le projet prévoit également la construction de 80 bassins de rétention par pays traversé et l'introduction d'animaux sauvages dans la végétation qui sera formée.

Je n'ai pas l'outil de mesure pour savoir si cette Afrique-là est "assez entrée dans l'Histoire". Je suis cependant sûr d'une chose : cette Afrique-là est loin d'être figée, immobile, fataliste, pleurnicharde sur son sort. Non, il s'agit d'une Afrique qui se projette  et qui bouge, qui cherche des solutions à ses problèmes. Croyez-moi, cette Afrique-là n'est pas du tout empêtrée dans une prétendue crise identitaire, dans l'obsession d'un passé supposé glorieux ou d'un paradis perdu.  Je vois là une Afrique en quête et en désir d'un avenir meilleur. Il s'agit d'une Afrique en lutte et en éveil sur ses réalités. Cette Afrique-là, si elle a besoin d'accompagnement concret et efficace, de solidarité humaine tout simplement, elle a aussi besoin qu'on la respecte un peu.

Tout acte de communication fait implicitement présomption de sa propre pertinence :

« Demandant l’attention d’autrui, tout communicateur donne à entendre que son message est pertinent. La tâche du destinataire est alors de construire une interprétation du message propre à confirmer cette présomption de pertinence. » (Sperber et Wilson. Relevance : Communication and Cognition 1986)

Chers amis internautes, à vos claviers donc ! Vos commentaires sont les bienvenus !

Cet article est libre de droit. Mais je compte sur votre bienveillance pour citer mon blog (pointer vers moi) en cas de reprise totale ou partielle de son contenu. Merci beaucoup !

 

Blogueurs, visitez un super site qui en vaut le coup, parole d'O.S., animateur de Webthemic, cliquez vite ICI !!!

300 Visiteurs Gratuits par heure !

http://www.wikio.fr

 

Nombre total de Visiteurs uniques du site depuis Février 2008

 

27/03/2008

L'école dans les résultats de Google : cas du Burkina, du Mali et du Sénégal

da1b075d6f1375542215ae73eefe427a.jpgQuels univers sémantiques sont associés à la référence "école" dans les résultats de recherche de Google (résultats du 26/03/08) pour les trois pays africains que sont : le Burkina Faso, le Mali et le Sénégal ?

Pour le savoir, j'ai limité l'analyse aux résultats de Google dont les titres contiennent respectivement : "école" et "Burkina" ; "école" et "Mali" ;"école" et "Sénégal".

 

L'analyse sémantique très fine que j'ai effectuée donnne les résultats suivants sous-forme graphique :

 

Bloggeurs, visitez un super site qui en vaut le coup, parole d'O.S., animateur de Webthemic, cliquez vite ICI !!!

300 Visiteurs Gratuits par heure !

Quelques observations sur ces résultats :

1. On peut dire que la présence (la visibilité) de la thématique de l'école sur Internet pour les trois pays africains (Burkina, Mali et Sénégal) est ici "portée" d'une part par le monde associatif, humanitaire et partenarial, d'autre part par le monde de la culture et de l'art (On pourrait même dire que la culture et l'art font école sur internet : "école du cinéma", "école de danse", "école de musique"...).

2. On parle de façon marquée de "l'enfant", des "jeunes" et de la "jeunesse", des "adolescents", des "filles", des "garçons" et de la "femme". En revanche, la référence à "l'élève" en tant qu'entité institutionnelle particulière est nettement moins importante. Tout se passe donc comme si ici l'enjeu n'est pas simplement la scolarisation au sens classique du terme.

3. La perspective territoriale, spaciale est non moins marquée. On parle de la "ville", du "village", du "milieu rural", de la "capitale", de la "province", du "département", du "Nord", du "Sud", de "l'Est", de "l'Ouest" etc.

Et bien d'autres choses encore...

Tout acte de communication fait implicitement présomption de sa propre pertinence :

« Demandant l’attention d’autrui, tout communicateur donne à entendre que son message est pertinent. La tâche du destinataire est alors de construire une interprétation du message propre à confirmer cette présomption de pertinence. » (Sperber et Wilson. Relevance : Communication and Cognition 1986)

Chers amis internautes, à vos claviers donc ! Vos commentaires sont les bienvenus.

Cet article est libre de droit. Mais je compte sur votre bienveillance pour citer mon blog en cas de reprise totale ou partielle de son contenu. Merci beaucoup !

O.S. Animateur du blog.

Bloggeurs, visitez un super site qui en vaut le coup, parole d'O.S., animateur de Webthemic, cliquez vite ICI !!!

300 Visiteurs Gratuits par heure !

Nombre total de Visiteurs uniques du site depuis Février 2008

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu